Deux femmes, une décharge et un révolutionnaire :
la récolte de déchets à Wemtenga.
Septembre 2008, Secteur 29 de Ouagadougou, capitale du Burkina-Faso.
Chaque dimanche, Alisetta et Ramata passent dans les habitations du quartier Wemtenga pour y ramasser les ordures ménagères à l'aide de leur carriole tractée par l'âne Bonga. Leur travail n'est pas bien rémunérée et ne leur suffit pas pour vivre, mais elles préfèrent garder cet emploi que rester chez elles sans travail au village de Saponé. Quand le jour décline, Alisetta et Ramata vident leur carriole dans la benne du secteur, mais lorsque celle-çi est déjà pleine, leur chargement finit dans la décharge du coin, accolée à un terrain vague : le cimetière de Dagnoën.
C'est dans ce lieu improbable qu'est enterré Thomas Sankara, icône révolutionnaire africaine et ancien président du Burkina-Faso assassiné en 1987. Dissimulée au loin par les bosses de terres jonchées de détritus, sa tombe reste un lieu de pèlerinage pour les gens des environs et d’ailleurs.
"Ici il est à sa place : avec le peuple"
Un habitant devant la tombe de Sankara.









